Catherine Buchaudon, restauratrice d'émotions enfantines
LA FABRIQUE DE POUPEES
CATHERINE BUCHAUDON, RESTAURATRICE D'EMOTIONS ENFANTINES.
Elle aurait pu devenir peintre, sculpteur, créatrice de meubles… Il a suffi qu'une poupée Googlie lui sourie pour que Catherine devienne une experte passionnée des poupées, de leur histoire, de leur restauration. Et une dispensatrice du bonheur des retrouvailles avec l'enfance.
La création artistique, c'est l'air qu'elle respire, Catherine, sa biodynamie personnelle, depuis toujours. Mais, comme celles du Tout-Puissant, les voies de la création sont sinon impénétrables, à tout le moins difficiles à discerner pour qui cherche à les emprunter. Alors, faire chanter les couleurs, vibrer les sons, vivre les mots? Un peu de tout cela sans doute. Mais, par-dessus tout, maîtriser l'espace et l'animer de formes qu'on fait naître sous ses doigts. C'est dit, elle sera sculpteur… Et voyez comme tourne le monde: elle tombe en arrêt devant une publicité du musée de la poupée de Bâle. Sur laquelle une petite bonne femme lui sourit et lui fait chavirer les certitudes. Une poupée Googlie. Sésame, et la porte s'ouvre sur son chemin de création, sa bulle de rêve, ce sera la poupée. Les poupées, toutes les poupées.
Sa formation l'y aide, l'y incite; elle a "fait" les Beaux-Arts à Mulhouse, Arts-Déco à Strasbourg. Elle a même poussé, une année durant, les sacro-saintes portes de la Sorbonne. Il lui reste à apprendre auprès des meilleurs: elle multiplie les formations professionnelles, s'initie aux arcanes de la restauration de poupée, à la patiente fabrication des porcelaines et des faïences, à la conception des moules. Elle se familiarise avec le cuir, le bois, les matériaux de composition. Elle apprend à dominer la couleur. Petit Palissy en jupon, elle se heurte aux délicates étapes de la cuisson avant de les maîtriser totalement. La voilà prête.
L'art de réveiller les belles endormies.
Aujourd'hui, elle répartit son activité sur trois domaines: la restauration, qui lui prend l'essentiel de son énergie créatrice, la réalisation (les poupées reproduites sont datées et signées pour éviter tout malentendu) et la formation d'amateurs éclairés qui souhaitent tenter cette délicate entreprise sur des poupées qui leur tiennent à cœur.
Mais son destrier de toutes les batailles, c'est la restauration. C'est redonner vie à des formes inertes, endormies, telles des Belles de cent ans, sous la poussière du temps. C'est rendre à des adultes leur sourire d'enfant en leur restituant la poupée fidèle compagne des tendres années. Mais sans jamais tricher. Dans le respect le plus strict de la fabrication originale. Et, pour le coup, la curiosité, contrairement à ce que prétendait le dicton de notre enfance, est une qualité éminente et indispensable. Alors Catherine a vu, lu, appris, retenu. Elle a fouillé une vaste documentation, a retrouvé les procédés des fabricants célèbres, s'est entraînée à reproduire à l'identique les gestes, les produits, les patrons. Et lorsqu'une cliente vient reprendre son trésor, elle retrouve non pas une habile reconstitution mais la poupée de son enfance.
C'est un travail de longue patience, on s'en doute. Surtout lorsque la propriétaire (le plus souvent, cette passion s'accorde mieux avec la délicatesse féminine) a tenté elle-même, bien maladroitement, de "recoller les morceaux". Il faut alors redémonter, nettoyer, reconstituer, poncer. Retrouver la couleur d'origine et la poser délicatement, à l'aide d'un aérographe, mais uniquement là où elle manque afin de respecter le travail de l'ouvrière qui avait peint les traits, il y a bien longtemps. Il faut encore remonter les yeux, retendre les élastiques, reconstituer le costume en évitant tout anachronisme… Des heures de travail, des jours bien souvent, s'il le faut, pour des travaux importants qui exigent de nombreux temps de séchage. On imagine aisément qu'un tel investissement nourrisse la passion et que la passion, au rebours, engage un tel investissement.
La poupée, "révélateur" de l'évolution sociale.
Pourtant, paradoxalement, ce n'est pas la motivation qui anime d'abord la quête perpétuelle de Catherine. Car sa curiosité déborde largement le domaine des techniques, si raffinées qu'elles soient, pour s'intéresser d'abord à l'histoire humaine, les "petites" comme la "grande". Et les poupées constituent un observatoire de choix pour qui songe d'abord à examiner les fluctuations de la société. On multiplierait les exemples. Un seul, piqueté au hasard des centaines d'anecdotes sur lesquelles Catherine est intarissable: Poulbot, le célèbre illustrateur des Gosses, songe évidemment à passer du dessin à la poupée pour immortaliser ses personnages. Et il crée "Nénette" et "Rintintin". Fiasco! Très simplement parce que seuls les nantis disposent des moyens suffisants pour offrir des poupées à leurs rejetons. Et que ces mêmes nantis n'ont aucunement envie de présenter à leurs héritiers des personnages issus du prolétariat, ça ferait désordre…
Insistez, oh à peine, et Catherine vous décrira la poupée que Jean Valjean offre à Cosette dans "Les misérables". Elle vous contera la curieuse destinée de ces poupées dont le modèle avait été commandé à l’illustre sculpteur, Albert Marque, et fabriqué à… 100 exemplaires. Elle vous montrera, preuves à l'appui, que les fabriques allemandes développent, bien mieux que les françaises, le sens de la rentabilité. Passionnée, elle l’est devant l’histoire de la poupée Bleuette tout autant que sa fabuleuse garde-robe. Une source perpétuellement jaillissante de ces histoires qui font l'Histoire. Il faut se rendre à l'évidence: contrairement aux idées reçues, quand on aime… on conte beaucoup!
Il suffit de rencontrer Catherine. Pour le plaisir ou pour des raisons plus pratiques: une poupée à restaurer, une envie de formation puisqu'elle organise des stages, de préférence individuels mais, à l'occasion pour deux à quatre participant(e)s (voir encadré) Au bonheur d'apprendre, vous ajouterez celui de découvrir une superbe région puisque Catherine abrite son savoir-faire et sa passion au cœur de la Bourgogne septentrionale, à quelques tours de roue de Cluny, Taizé, Autun… Une situation qui ne doit sans doute rien au hasard: il y a des lieux où souffle l'esprit…
Texte d’Yves Thorez

Stages de la Fabrique de Poupées
Initiation à la restauration de poupée

Démontage d’une poupée, nettoyage, réparation de membres, de petits manques, moulage de doigts, mise en couleur et vernis de corps, remontage des élastiques, pose des yeux fixes, cils, prendre la mesure d’une perruque, son choix, les calottes. Bref, de quoi vous débrouillez pour les premiers soins ! Au travers de ces différentes opérations, historique des poupées.
Réalisation d'une googlie en porcelaine
A partir d’une tête en porcelaine blanche, réalisation d’une googlie (23 cm) Peinture de la porcelaine, pose des yeux en cristal, de la perruque, préparation d'une robe.
Réalisation d'une googlie en papier mâché
A partir d’une tête en papier mâché, réalisation d’une googlie (25 cm) Ponçage et peinture de la tête, pose des yeux en acrylique, de la perruque, préparation d'une robe.
Fabriquer un bébé : couler et peindre la porcelaine
A partir d’une tête en porcelaine blanche, réalisation d’un bébé. Peinture de la porcelaine, pose des yeux en cristal, réalisation du corps en tissu. Vous repartirez avec le bébé fini et la robe de baptême à terminer (ou finie!). Vous apprendrez également à couler une tête en porcelaine jusqu’à sa cuisson
Fabriquer et créer un ours en peluche
A partir d’un patron crée par La Fabrique de Poupées, confection complète d’un ours en mohair articulé avec des yeux en cristal. Vous repartirez également avec le patron d’un nouvel ours que nous aurons créé ensemble.
Vous pouvez contacter Catherine Buchaudon à la fabrique des poupées (Voir liens "poupées " en page d'acceuil)
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Mis à jour (Lundi, 21 Mars 2011 09:14)


